"Bien raconté. Bien écrit. J'ai sincèrement hâte de lire la suite. Ton livre doit absolument passer, arriver, si je peux dire, dans la langue française pour que les Marocains (et d'autres, bien sûr) puissent prendre connaissance de ces histoires fortes, dérangeantes, de cette réalité, l'homosexualité, qu'ils ne veulent pas voir. Un jour, je l'espère, ce livre arrivera aussi dans la langue arabe.
Chapitre 12. Un réfugié politique, version améliorée et espagnole
Un quai de gare. Un train à larrivée, en descend une mémé quasi hors dâge en tenue de plage . Seul un paréo dissimule quelque peu des formes aussi flétries que volumineuses. « Georges » dit-elle impatiamment « grouiile-toi, il peut partir dun moment à lautre ». Surgit sur le marche-pied un minus traînant plus quil ne porte une valise plombée. Lhomoncule se fait presque dégommer par la déferlante Famille Eléphant. Eux, sont des compatriotes de George et son épouse, probablement émules de Rabelais plutôt que de Racine. Ils sont six, tous porteurs dun short blanc, emballage minimum pour leurs nobles attributs, et exposent à ravir au chaud soleil espagnol de grands lots de viande palpitante. Seule laïeule a jugé plus sage de laisser le nombril couvert, le reste de la famille trois gosses et deux femmes de trente ans, pierçées de partout sont clairement davis que les vacances impliquent un certain degré dexhibitionnisme, quelque soit lindice de masse corporelle. George encore, lui, évite de justesse la crème glacée égarée par lenfant le plus jeune, mais pas pour autant le moins costaud du lot. Le cornet sécrase contre les portes automatiques, laissant une fine trace rosâtre sur les parois du train. Mince, Andy, fais gaffe quand même. La voix de maman Éléphant casse, elle pose ses bagages par terre et flanque une châtaigne au cadet. Bienvenue à Torremolinos, le coeur de béton de la fiesta espagnole. Le jour, le panorama se remplit des hordes de touristes allemands, hollandais et britanniques haletants, candidats au mélanome, achalandés par des commerces interchangeables qui vendent des lunettes de soleil à cinq euros et des chaussures modernes à prix donnés, ampoules incluses. La nuit, cest le Roi San Miguel qui y règne, ses grands prêtres accourus de toute lEurope, sont ces dj quasi infatigables grands initiés aux rites de la musique house.
Il est quelque peu surréaliste que le cri de détresse de Nanou me mène précisément à ce décor fellinien nappé de glace molle. Tout a commencé par un message dà peine trois lignes, caché parmi les nombreuses réactions virulentes publiées sur le site web emarrakech.info en 2004 à propos de larticle Homosexualité au Maroc. « Bonjour », écrivit-il, « je suis un des 43 homosexuels arrêtés pendant une simple fête danniversaire à Tétouan. Je suis étudiant de dernière année à luniversité, mais je me suis exilé à cause de mon homosexualité. Si vous voulez mappuyer, sil vous plaît écrivez-moi à ladresse suivante. Cest un scandale pour une société civilisée et pour moi cest une souffrance gigantesque. » Le beau gosse de 25 ans qui mattend en gare de Torremolinos, en lan 2007 na plus rien dun persécuté politique. Des lunettes PRADA rehaussent son t-shirt ajusté et son bermuda jaune citron. Nanou éteind son MP3 et tient à porter mes bagages. La première chose quil me demande, cest si je parle lespagnol. Lui par contre la appris en moins de six mois et prétend même en avoir oublié le français qui a été sa langue denseignement pendant toute sa jeunesse. Rien de mal à ça au contraire, mais ce quil veut inconsciemment révéler, cest que davoir voulu durant les trois années de son séjour espagnol se réinventer dans la langue de Cervantes. Cette nouvelle identité se manifeste tant par les chaînes de télévision numérique quil regarde et la musique latino quil écoute que par les repas quil me prépare dans son confortable studio. Le cadeau souvenir que je trouve sur ma valise le jour de mon départ en dit long aussi. Il moffre une poupée flamenco tellement kitsch après le énième repas de patatas bravas et autres tapas maison. Mais plus encore que son pseudo chauvinisme parfois tragi-comique, cest le rejet de son ancienne identité quexprime sa nouvelle ibérité. Il fréquente le moins possible les Nord-Africains. Du coiffeur homosexuel dOujda que nous rencontrons le lendemain dans une discothèque, il raconte que cet un homme croit en ses propres mensonges. Il a quarante ans et au Maroc sa femme et sa fille lattendent. Il leur rend visite environ quatre fois lan, et leur ramène autant de cadeaux que dhistoires sur les conditions de vie si difficiles dans un pays raciste comme lEspagne, question de contrer tant bien que mal leur désir, pour le moins latent, démigrer. « Imaginez-vous quelles arrivent ici pour découvrir quil traîne toutes les nuits dans une boîte, en espérant draguer lun ou lautre mec», plaisante Nanou. Auparavant, il mavait déjà parlé de ce ravissant garçon de Casablanca, qui habite avec le propriétaire espagnol de cinq bars et discothèques gays. « Chaque centime quon y dépense et Dieu sait quon en dépense dhabitude beaucoup peut être considéré comme de laide au développement du Maroc. Le petit sait remarquablement bien comment plumer lEspagnol. Au bled, il a déjà une maison à la côte, finance la formation de tous ses frères et soeurs et passe son temps à faire du shopping, à chatter sur internet et à regarder du porno gay à la maison. Mais apparemment le micheton ny voit aucun problème et déclare à tout qui veut lentendre que ce garçon de Casa est lamour de sa vie. Dégoutant, nest-ce pas? »
« La plupart des Marocains », dit-il, « rêvent dune vie de ce côté du Détroit de Gibraltar. Moi, ce nétait pas à ça que jaspirais. En plus, avant, javais beaucoup dargent, je disposais dun appartement spacieux à Tanger, je ne portais que des vêtements de marque, jorganisais de formidables fêtes et je prenais lavion pour les grands déplacements. Une fois, jai même loué un ryad à Marrakech pour un week-end entre amis. Cétaient des années folles, somptueuses. Jusquà ce quune mauvaise fête au mauvais endroit ait balayé tout cela. Vous savez, je ne connaissais même pas celui qui fêtait son anniversaire. » Tout à coup, Nanou se lève et se met à farfouiller sous lévier, il murmure quil va faire du nettoyage et se retranche dans sa chambre avec deux balais et un seau pendant une bonne demi-heure. « Ne me comprenez pas mal, » dit-il quand il réapparaît, « ce ne sera pas sans fierté que jaccéderai à la nationalité espagnole lannée prochaine, environ au moment où jespère obtenir mon diplôme de postgradué. » « Jy pensais récemment », ricane-t-il, « quand jai eu maille à partir avec une personne entre vingt et trente ans à la station dautobus. Lhomme me fixait déjà depuis une demi-heure, alors je lui ai demandé en espagnol sil y avait quelque chose qui nallait pas? Il me répond en darija quun sale zamel comme moi ferait mieux de baisser le ton. Ah bon, lui dis-je, voulez-vous donc que je vous emmène au bureau de police et que je dépose plainte contre vous? Ce sera plutôt vous qui resterez avec les policiers, et pas moi. Lhomme, perplexe, sen est allé tout de suite. » Nanou rit triomphalement et ajoute que les policiers espagnols sont dailleurs des hommes assez raisonnables, sans comparaison avec leurs collègues de lautre côté du détroit. Les souvenirs de Tétouan simposent un instant et lui assombrissent le visage. « Ma mère la toujours dit », se reprend-il rapidement, « depuis tout-petit, elle ma répété quil faut se méfier des Marocains. Et elle le sait, en tant que Tunisienne entre-temps divorçée de mon père qui travaille actuellement à Casa. » Nanou ne comprendra jamais pourquoi elle a quitté Tunis. La ville où il était tellement heureux jusquà ses dix ans, et où, des années plus tard, il tomba amoureux pour la première et seule fois dans sa jeune vie, restera gravée dans sa mémoire comme une oasis douverture, de distraction et de modernité. « Je me rends bien compte à quel point le régime tunisien est répressif, et je ne prétends nullement minimiser son impact, mais en même temps, cest un état séculier. Vous savez, si je devais choisir entre une nation où un impitoyable leader aux allures de big brother tient le bâton et une nation où lon observe une certaine démocratisation, mais où Dieu est Le Juge Suprême qui voit toujours tout, jaurais vite fait mon choix. Au moins, le tyran, lui, un jour il meurt. « Je me rappelle le choc vécu lors de mon arrivée à lécole à Rabat, peu après le déménagement de notre famille au Maroc. Le professeur nous obligeait à prier trois fois par jour en classe et ne prononçait pas une phrase sans mentionner lIslam et le Droit Chemin. » Cétait comme si le vol de Tunis Air était une sorte de machine à remonter le temps, qui avait ramené Nanou et sa famille de manière inopinée au Moyen Âge. La capitale marocaine ne plut guère à sa mère, et dès que linfirmière eut trouvé un emploi à lhôpital de Tanger, le déménagement suivant fut vite réglé. « Peut-être que cela a quelque chose à voir avec la mer, qui ma toujours fasciné, mais Tanger était la première ville du Maroc où jai commencé à me sentir peu à peu chez moi. On sy moquait moins de mon accent étranger et jy ai finalement rencontré pas mal de gars vraiment sympas, avec qui je faisais de longues promenades chaque week-end. » Mais, une fois de plus, la famille nétait pas venue pour rester. Ladolescence de Nanou prenait toujours plus lallure dun roadmovie. Après trois ans à Rabat et deux ans à Tanger, sa mère rompt avec son père. Elle exige le divorçe et déménage de nouveau, et à tout jamais, à Tunis emmenant ses enfants avec elle. « Elle a joué malin en convainquant mon père avec largument dun enseignement tunisien bien meilleur quau Maroc. Et voilà que de nouveau je me retrouvai à Tunis, où je tombai immédiatement éperdument amoureux dun de mes condisciples. » Nanou estime que Majid est le seul homme quil a jamais vraiment aimé. Officiellement, son ami devait laider dans ses révisions en vue du Bac. Cela lui fournissait un prétexte pour passer des jours entiers dans la chambre de Nanou. Plutôt dans le lit, bien entendu, que derrière le bureau. « Nous savions que nous navions pas de futur et quelques fois nous nous en préoccupions. Mais la plupart du temps nous nous noyions simplement dans nos corps et notre présence. En effet, que signifie plus tard, quand on na que seize ans? Mais tandis que les mois passaient, la peur dêtre découvert commençait à nous envahir. Imagine-toi que ta maman soctroie une demi-journée de congé imprévu, mavertissait Majid de plus en plus souvent, ou que lune de tes soeurs rentre de la fac plus tôt que dhabitude ? Le bonheur sincère, quasi enfantin que nous avions vécu dans ses premiers mois, avait peu à peu cédé la place à une tension inquiétante et accablante. Nous avions le sentiment dêtre enfermés dans un monde secret, monde qui serait inévitablement brisé en mille morceaux et probablement bien plus tôt quon ne le pensait. Nanou décide de retourner à Tanger après son Bac. Majid a raté lépreuve, son père lui a payé une formation de menuisier aluminium. « A un certain moment jai cru que la société était plus forte que lamour, et que notre seule option était de soublier lun lautre. Cest pourquoi je suis parti. Aujourdhui je trouve cela une mauvaise décision et je vous jure que je le ferais venir ici si je pouvais ; lannée prochaine peut être, quand jaurai obtenu la nationalité espagnole. Nanou soupire, il dit quen fait il ne sait pas encore. Il y a des jours où il se voit marié avec Majid, des jours où il simagine ce quils pourraient faire ensemble à Barcelone. Sil est vraiment aussi habile quil le prétend, il pourrait aussi bien gagner son pain ici plutôt quà Tunis? Mais, à dautres moments il pense à la copine allemande de Majid et aux nombreuses conversations téléphoniques désagréables qu'il a eu avec lui à ce sujet. A chaque fois un affreux sentiment sempare de lui. Il soupçonne son amour de voir en lui uniquement un visa pour lOccident. Cest une pensée insupportable que dhabitude il rejette tout de suite. Mais le doute est un sentiment tenace, auquel peu darguments résistent. Il hausse les épaules et se dirige de nouveau vers lévier. « Cest un chapitre clos, le passé ne revient jamais, nest-ce pas? » Un instant, sa bouche prend des traits tristes, mais tout de suite ce maître de lart de lévasion change de cap. Il commence à parler de la paella et de lami espagnol qui lui a appris à la préparer, aussi sa version de ce plat serait selon lui parmi les meilleures au monde. Echapper à Majid, dabord à limpossibilité de leur amour et ensuite à la crainte de sa trahison, voilà en quelque sorte le leitmotiv de la jeune vie de Nanou. Aujourdhui il se distrait avec des dissertations peu novatrices sur la gastronomie espagnole et des nuits entières dans les discothèques de Torremolinos ; jadis il séchappait à Tanger, quil transformait en une version mini et marocaine de la movida, sans être gêné par la supervision parentale. De fait cest ce qui sétait passé après un petit détour de trois mois quand même, trois mois très désagréables passés dans linternat de lécole de formation en gestion du tourisme à laquelle Nanou sétait inscrit. Avec les fils et filles de familles riches qui, eux, étant entrés à linstitut en faisant appel à leurs relatons, navaient pas de problèmes. Ils étaient eux-mêmes trop occupés à faire la fête pour sinquiéter de son comportement éventuellement blâmable. Ce qui linquiétait surtout, cétaient les regards des boursiers, paysans des lointains villages de montagne et enfants de ces bidonvilles où se répand si facilement lislamisme. Il savait quils savaient, ils le traitaient sans le moindre respect et Nanou avait peur quils ne lui fassent du mal dès quils en auraient loccasion. Il nen parlait pas avec sa mère. Au téléphone, il racontait quil maigrissait à vue doeil, que la nourriture nétait pas bouffable et quils devaient se coucher à neuf heures, comme dans un camp pénitentiaire. Nanou la convainquit quil ne pouvait étudier avec application que dans un petit studio à lui et sut persuader sa sur, qui entre-temps travaillait au Golf, de lui verser léquivalent de 300 euros par mois, en plus des 150 euros qui tombaient déjà de Tunis. Ainsi Nanou découvrit le Tanger tant vanté par des écrivains comme lAméricain Paul Bowles il y a un bon demi-siècle. Le professeur italien Vincenzo Patanè écrit dans Gay Life and Culture: a world history' que les Américains se battaient pendant les premières décennies du vingtième siècle pour faire la cour aux garçons locaux accompagné du bruit de largent qui changeait de propriétaire. Nanou découvrit que peu de choses avaient changé depuis. Peu après sêtre installé dans son petit studio, il rencontra pas mal dhommes européens, avec peu de temps, beaucoup dargent et surtout des sentiments profonds pour un beau jeune homme comme lui. Le premier était un journaliste-radio français qui lui achetait des vêtements chers et lui offrait des voyages, mais dont lobjectif final consistait à dominer son jeune amant à tout jamais. Cela a commencé par linterdiction de se rendre en discothèque ou de voir de vieux amis et ça sest terminé après avoir été enfermé dans une chambre pendant vingt-quatre heures. Nanou garde de meilleurs souvenirs de James, un Britannique installé à Gibraltar qui investissait largent de riches retraités britanniques. « Jétais son premier petit-ami, il était marié et père de deux enfants. Il avait une sorte de fascination étrange pour moi, il semblait quil ne pouvait rien me refuser. Il venait environ trois, maximum quatre fois par mois à Tanger. Il mapportait des cadeaux chers et me donnait de largent pour que je puisse mieux me concentrer sur mes études. Dabord 600 euro par mois, après 2000 et parfois même plus. Et en fait, il ne demandait rien en échange, on ne dormait même pas ensemble. » Environ deux semaines avant lexamen de fin détudes, deux condisciples homosexuels de Nanou linvitent à une fête danniversaire dans la proche ville de Tétouan, question de changer dair. Nanou se rappelle encore des vêtements quil avait achetés pour loccasion, « ils coûtaient léquivalent de 200 euros. » Après, dit-il, il ne les a plus jamais portés. Cétait lanniversaire de lami dun ami. Celui-ci avait invité quarante à cinquante personnes dans une salle exclusive sur la Place Alfadane, en face du palais royal de Tétouan. Les invités étaient arrivés vers trois heures de laprès-midi. Ils avaient reçu des boissons et sur toutes les tables se trouvaient de délicieux zakouski quils nont pas touchés. « Il devait être vers six heures et demi du soir. Nous étions en train de parler et découter le groupe de musiciens que lorganisateur de la soirée avait engagé, quand quelquun cria police secrète. La porte souvrit violemment et des dizaines de policiers entrèrent en trombe dans une grande démonstration de force. Devant lentrée se trouvaient quatre camionettes vides, prêtes pour le transport vers le bureau de police. Quand nous sommes sortis, on sest fait huer. Sales pédés, disaient les gens, infidèles à Dieu. Nanou devient nerveux, il arpente sa chambre et finit par sortir une bouteille de Coca Zero du réfrigérateur pour sinstaller ensuite derrière son ordinateur. Il me montre le site web de lorganisation des Droits de lHomme qui a relaté larrestation. Si vous voulez, vous pouvez le lire vous-même et après on peut aller faire une petite promenade, essaie-t-il. Il faut encore faire des courses. Je lis quaprès larrivée au bureau de police, les 43 prévenus furent soumis à un controle didentité serré. Au début, ajoute Nanou, la plupart étaient convaincus quil sagissait dune erreur. Et cest vrai quils navaient commis aucun acte punissable dans létablissement. Un garçon plaisantait même. Il passerait bien un temps derrière les barreaux, puisquil aurait alors la chance de dormir à côté de tous ces beaux détenus. Un autre disait quil ne pouvait absolument pas rester et quils ne pouvaient certes pas le toucher car il était marié et son épouse était particulièrement autoritaire et coléreuse. Un policier lui imposa rudement le silence. Lambiance tomba complètement quand ils durent enlever leurs montres et leurs chaussures et quils reçurent chacun un sac en plastique transparent dans lequel on mit leurs effets personnels. A la question du plaisantin de savoir combien de temps ils allaient devoir rester, ils ne reçurent pas de réponse. Un long silence étouffant tomba. Les jeunes hommes furent interrogés un par un. Ceux qui, comme Nanou, avouèrent tout de suite leur homosexualité ne furent pas battus. Seuls les soi-disant menteurs furent forcés à dire la vérité sous les coups. Ensuite ils furent soumis à un test sida. De lintimidation pure et dure, estime Nanou et il doute en avoir jamais le résultat Il hausse les épaules. Ce qui persiste le plus dans sa mémoire après ces trois jours et nuits sans sommeil, au pain et à leau derrière les barreaux, cest le sentiment dangoisse et de panique qui la envahi. Cétait comme sil se retrouvait dans un mauvais rêve. Plus jamais rien ne serait pareil. Toute sa vie était brisée. Pendant combien de temps seraient-ils détenus, de quoi étaient-ils accusés, et pire encore, que dirait sa mère si elle savait que son fils unique était en prison? Ces questions hantaient son esprit et lui nouaient lestomac en plus dun fort mal de tête. Il se sentait complètement épuisé et pensait à Tanger, à son studio et à son ancienne vie. Tout cela semblait se trouver sur une autre planète, inaccessible. Il songeait aussi au voyage en autobus, aux 57 kilomètres parcourus en toute naïvité et à la joyeuse atmosphère dans laquelle les deux amis étaient immergés. Ils avaient fait des projets de vacances, ils sétaient taquinés et ils avaient raconté des blagues. Ne se doutant de rien, ils étaient en route vers labattoir, tels des agneaux. Tout semblait tellement loin. Après 48 heures, les prévenus purent sen aller un par un. Ils nétaient pas officiellement mis en accusation, le commissaire dit que le suivi du dossier pouvait durer encore plusieurs semaines ou plusieurs mois. Nanou se rappelle comment il monta à bord du bus, comme un zombi. Il ne pensait plus quà une seule chose: fermer la porte de son studio derrière lui, être en sécurité chez lui à la maison, même si ce nétait que pour un bref moment. Le même jour encore, le téléphone sonna. Nanou na jamais su comment cet inconnu avait obtenu son numéro de téléphone. Un homme lui demanda si cétait vrai quil était lune des 43 personnes dont les journaux avaient parlé aujourdhui. Il se présenta comme Anas Jazouli, lhomme qui avait organisé en 2002 le concours Miss Maroc, un évènement qui lavait mis dans lembarras au point que finalement, il sétait enfui à Paris où il avait créé une organisation qui luttait pour un Maroc séculier. Jazouli demanda à Nanou sil était prêt à parler avec un journaliste. Il est important, dit-il, que le monde sache ce qui vous est arrivé. Il poursuivit en disant que tout cela lui faisait penser à laffaire du Queen Boat au Caire en 2001 et il espérait que ça ne finirait pas aussi mal dans leur cas. Les 52 du Caire, comme on avait fini par appeler les homosexuels détenus dans une discothèque sur le Nil en mai 2001, ont payé un prix bien élévé pour leur visite au Queen Boat. Après une campagne de diffamation de plusieurs mois dans les médias et après avoir souffert des mauvais traitements en prison, 21 dentre eux avaient été condamnés à trois ans de prison. Le reste a finalement été libéré. « Je lui suis toujours reconnaissant », dit Nanou, « il a su me convaincre de parler dans lanonymat à plusieurs journalistes. Cette attention ma protégé contre la colère de la directrice de mon école et ma finalement mené en Espagne. » Larrestation à Tétouan était horrible, affirme Nanou, mais lentretien avec la directrice, une semaine après, était en fait pire que larrestation. Il voit encore le bureau devant lui et il entend toujours ses mots mordants. A la question de savoir sil était effectivement homosexuel, Nanou avait répondu affirmativement. La femme vociférait : « navait il pas honte, il était pourtant un musulman et vivait dans un pays arabe - Non, Madame », dit Nanou, « puisque je ne dérange personne ». La réponse ne lui avait pas plu. Ecoute zamel, dit-elle, je ne veux pas de sidéens dans mon établissement, je ne veux pas que tu nous contamines. Va te prostituer ailleurs. Je vais tout faire pour te jeter de lécole. Et si jétais à ta place, je ne participerais pas à lexamen. Je te donne déjà un zéro, donc casse-toi. Nanou soupire et dit quil a parfois des cauchemars dans lesquels la directrice le retrouve en Espagne. Finalement, il a quand même participé à lexamen. Après la publication de plusieurs articles de presse en sa faveur, elle na apparemment pas osé le flanquer à la porte. Et voilà, il a malgré tout obtenu son diplôme, mais une chose était certaine: sa vie à Tanger était terminée. Il est alors parti à Tunis et a retrouvé sa mère. Lorganisation dont Jazouli avait promis quils lui téléphoneraient, a tenu parole. Colegas, qui lutte pour les droits des holebis, entre autres en Afrique du Nord et en Turquie, réussit à inviter Nanou à Madrid. Il y participerait soi-disant à une conférence, une bonne excuse pour obtenir un visa. Nanou dit quil a eu de la chance. Si Colegas sest intéressé à lui cest parce quil a dabord parlé aux journalistes alors que les autres invités à la fête nen avaient ni lenvie ni courage, et çà il peut le comprendre ! Peut être parce quils avaient moins de chance que lui. La plupart dentre eux vivaient avec leurs parents, parents qui avaient été mis au courant du problème de leur enfant par une visite de la police quils noublieraient jamais. Certains avaient menacé de les jeter à la rue, dautres lavaient effectivement fait. La mère dun garçon avait parlé de suicide et la plupart avaient eux-même au moins une fois songé à mettre fin à leurs jours. Nanou, lui, a su laisser sa famille dans lignorance ; jusquà présent ils ne savent rien. A sa mère il a dit quil allait chercher du travail en Espagne et elle était daccord. Gagne bien ton argent, mon fils, a-t-elle dit, et réalise tes rêves. Entre-temps elle lui a déjà rendu visite à Torremolinos. Pour accueillir sa mère, Nanou a dû en quelque sorte transformer son studio. Il a installé son bureau au milieu du living, avec de grandes piles de livre dessus. Ils sont sortis dîner, se sont promenés sur la plage et ont dégusté une glace à la nuit tombante. Et Nanou étudiait, il nécoutait plus toute la journée la chaîne de musique latino et ne passait plus des heures en tchattant avec des homosexuels de Tunis. Il évitait pour un temps les vingt boîtes et bars gays. Et quand maman est partie, il a poussé un grand soupir de soulagement. Il y a bien des choses quelle ne sait pas, linfirmière tunisienne. Si elle découvrait que son enfant était marié à un homme, elle exigerait quil la raccompagne à la maison. A ses yeux, mieux vaut être illégal que vendre son honneur. « Ah, elle ne comprend pas, elle ne sait pas comment cest de vivre sans papiers. Au début je trouvais cela très choquant aussi. Je me rappelle toujours que les amis de Colegas, qui mont logé pendant six mois dans une pièce de leur bureau de Madrid, mont répondu dun regard explicite lorsque je leur ai demandé ce que je devais faire maintenant que mon visa de touriste était périmé. Ils mont dit que les possibilités étaient limitées et que le plus facile serait peut-être de me trouver un homme qui voudrait du mariage. Tu réussiras certainement, ajoutèrent-ils en riant. » Avec le premier Espagnol qui tomba amoureux de lui, Nanou partit en voyage pendant quelques semaines. Cétait en quelque sorte une répétition générale pour ce qui allait suivre. Ils sont entre autres allés à Torremolinos, où le jeune homme a rencontré un Marocain qui, plus tard, lui rendrait un grand service. Avec cet homme, ça na rien donné, et avec le suivant non plus. Et cest alors que Manuel est apparu sur scène, son sauveur. Nanou montre une photo dun homme dune bonne trentaine dannées, pas mal du tout. Je nai jamais dormi avec lui, dit-il sans cacher sa fierté, mais il est fou de moi. Nanou et Manuel se sont mariés quelques semaines après leur première rencontre. Au moins pour la forme. Et ensuite Nanou a expliqué à son mari quil ne pouvait absolument pas rester à Madrid. Cest une ville trop bruyante, trop poussiéreuse, trop chaude en été. Il a prétexté avoir besoin de la mer, ce qui rendrait sa nostalgie pour Tanger plus supportable. Et lEspagnol amoureux, que pouvait-il faire? Il était rivé à son travail à Madrid et Nanou le savait très bien. « Il me rend visite de temps en temps », dit-il, « pour un jour ou deux. » Nanou sest ensuite mis en contact avec le Marocain de Torremolinos. Il lui a demandé sil pouvait loger un temps chez lui, en attendant de trouver un boulot et de pouvoir louer son propre appartement. Cet appartement. « Mon petit empire », comme Nanou lappelle, « le seul endroit au monde où je ne dois me justifier devant personne et où je ne dois rien à personne. Seulement quelques mètres carrés de liberté totale, mais pour moi cest largement suffisant. »
Ontluisterende Chinabeelden van fotograaf Koen Wessing
Koen Wessing
Reizen naar China en Tibet 30 augustus t/m 26 oktober Centraal Museum Utrecht
China is het afgelopen jaar vaak op indrukwekkende en soms schokkende manieren in het nieuws geweest; als vierde grootste economie van de wereld, als gastheer van de Olympische Spelen, als het door een zware aardbeving getroffen gebied en als onderdrukker van Tibet. De gewone burger en het dagelijkse leven blijven in dit soort reportages vaak onderbelicht. Het Centraal Museum opent op 30 augustus de fototentoonstelling Koen Wessing - Reizen naar China en Tibet waarin fotograaf Koen Wessing juist dié kant van de medaille laat zien. Zoals de Vlaamse journaliste en China-kenner Catherine Vuylsteke het in de begeleidende zaalteksten verwoordt: Koen Wessings China is dat van een met veel empathie geportretteerde Li met de pet.
Rafelige randen Koen Wessing reisde in 2006 en 2007 tweemaal voor enkele maanden naar China. De tentoonstelling Reizen naar China en Tibet laat een selectie van veertig fotos zien die tijdens die reizen zijn gemaakt. Wessing zocht de bevolkingsgroepen op die niet profiteren van de pijlsnelle modernisering, zoals in Tibet, de kolenstreek Datong of in Kashgar, het gebied waar van oudsher de Turks-islamitische Oeigoeren wonen. Maar ook zijn beelden van Shanghai, Peking en s werelds grootste metropool Chongqing tonen de rafelranden van de Chinese economie. Wessing richt zijn camera vooral op de minderbedeelde bevolking en vooral op de rurale migranten. Deze uit onderhand 170 miljoen mensen bestaande groep verricht in de steden vrijwel alle ongeschoolde arbeid, op de bouwerven, in hotels, warenhuizen en assemblagebedrijven.
Intrigerend leven De sinologe Catherine Vuylsteke die in de afgelopen twee decennia China haast jaarlijks bezocht, schreef de inhoudelijke toelichting bij de tentoonstelling. Haar zaalteksten bieden rijke achtergrondinformatie over de verschillende gebieden en het alledaagse leven van de Chinezen. Koen Wessings fotos in combinatie met deze bloemrijke teksten bieden een intrigerende kijk op de Chinese realiteit van vandaag. Koen Wessing Koen Wessing (Amsterdam 1942) geldt als één van de beste documentaire fotografen in Nederland. Vanaf 1962 werkte hij enige jaren als de assistent van Ed van der Elsken. In de jaren zestig en zeventig fotografeerde hij tal van politiek beladen gebeurtenissen, zoals de oproer in Parijs (mei 1968), de bezetting van het Maagdenhuis (1969), de gevolgen van coup in Chili (1973) en de Nieuwmarktrellen (1975). Gedurende de jaren tachtig fotografeerde hij regelmatig in het Verre Oosten, met name in China en Tibet. Wessing verwierf internationale bekendheid met zijn expressieve en empathische zwart-wit fotografie. Zijn fotos uit Chili en de serie over de aanslag op bisschop Romero in Nicaragua vonden over de hele wereld weerklank.
Ze zijn twaalf, veertien, vijftien, en ze zijn zwanger. Hun vriendje is met de noorderzon vertrokken, want op seks met een minderjarig meisje staat in Tanzania niet minder dan dertig jaar cel. Het meisje blijft verweesd achter, verstoten door de gemeenschap, door haar vrienden, soms zelfs door haar eigen familie. Want het ongeboren kind werd in zonde verwekt, en zal niet in zonde worden weggenomen.
Er zijn van die verhalen die zich nauwelijks laten vertellen, of toch niet door zij die er een hoofdrol in toebedeeld kregen. Ze worden er door hun schaamte van weerhouden, door hun schande ook, één die overigens recht evenredig is met de gretigheid waarmee anderen hen over de tong laten gaan. Dat van de onderhand zeventienjarige Levania is er zo één. In het eerste uur dat we samen doorbrengen in een kantoortje van een ngo in de volkswijk Temeke, aan de rand van Dar es Salaam, gaat het gesprek geen kant op. Aan een verhoor doet het me bijwijlen denken, met mezelf in de hoedanigheid van onbedoelde inquisiteur. Ik zie de malle houten soldaat annex notenkraker voor me, die mijn zoon enige tijd geleden cadeau kreeg. Kleurrijk en reusachtig is het ding, maar zijn onvermogen om vlot noten te kraken geeft het iets grotesks. De airco doet het nauwelijks, er hangt een gespannen sfeer in de kamer. Levania fluistert eenlettergrepige antwoorden en staart naar de grond. Haar vingers plukken onwillekeurig aan haar oranje T-shirt. Ondubbelzinnig afwijzend is haar lichaamstaal, hoezeer ze me ook garandeert dat ze best wil praten. Ik heb spijt van mijn verzoek om een interview, spijt om de taak die haar is opgedragen en opgedrongen. Weigeren behoorde vast niet tot de mogelijkheden, nu niet en vroeger niet, maar ik loop op de feiten vooruit. En het is niets persoonlijks: de cultuur die dit kind voortbracht, verwacht geen meningen van meisjes, geen weerwoord, geen tegenspraak. 'They're always on the receiving end', zoals een ngo-medewerker het eerder die ochtend stelde in een scherp betoog dat de genderongelijkheid en de traditionele inslag van de maatschap hekelde. Levania zegt dat de ellende begon met de muziek- en dansgroep waarvan ze met twee vriendinnen stiekem lid werd. In het geheim ja, want de suikertante bij wie ze woonde, had zich tot het Born Again-christendom bekeerd. Ze was 'gered', zoals ze in Tanzania zeggen, en zou er alles aan hebben gedaan om te verhinderen dat haar twaalfjarige nichtje zich met dergelijke zondige activiteiten inliet. "Ik hield gewoon erg van dansen", zegt Levania zacht, "maar dat zou tante nooit hebben begrepen." De meisjes hebben elke zaterdag- en zondagavond erg veel pret. In uren die officieel met het bijwerken van de notities voor de vijfde klas van het lager onderwijs worden zoekgemaakt, voelen ze zich groeien onder de bewonderende jongensblikken. Schoolkinderen transformeren tot jongedames, daar en dan. Aarzelend eerst, maar gaandeweg neemt het zelfvertrouwen toe. Het zijn vooral de gesprekken die dat bewerkstelligen, de conversaties die de meisjes er achteraf steevast over voeren en waarin ze elkaars bevalligheid extra in de verf zetten. 'Heb je gezien hoe die naar je keek', gaat het dan, waarop ze in gegiechel uitbarsten, en elkaar niet zelden speelse klappen uitdelen. Op een van de repetities wordt Levania door een jongen apart genomen. Hij zegt dat zijn vriend de hele dag aan haar denkt, hij kan er nog nauwelijks van slapen. Zou ze een keertje met hem iets willen drinken? Hij durft het zelf niet te vragen, zie je, hij is een verlegen type dat zelden met meisjes praat. Een goed opgevoede kerel ook, hij heeft de middelbare school haast af en woont bij zijn kinderloze tante, die bijzonder op hem is gesteld. Levania geniet van zijn woorden, ze kan zich niet herinneren dat iemand ooit zo lovend over haar sprak. In de weken die volgen, ontwijkt ze verlegen de blik van haar aanbidder. Maar als hij haar op een avond een pakje in de handen duwt, met daarbij een briefje met een datum en een uur, voelt ze zich licht in het hoofd worden. Levania vindt een designerjeans in het zakje, formidabel van snit en precies de goede maat. Alleen iemand die oprecht van je houdt, kan die dingen zo goed inschatten, daar is ze wel zeker van. Hij is vast bemiddeld, besluit ze voorts, wie kan zich immers zulke dure spullen veroorloven? Of maakte hij er zijn spaarcenten aan op? Levania mag er niet aan denken. Het meisje voor me lijkt zich enigszins te ontspannen, haar blik wordt dromerig als ze vertelt over de avond waarop haar vriendje Christopher haar voor het eerst mee uit nam. Hij had zich bijzonder gul en voorkomend getoond. Nog voor ze iets had kunnen zeggen, stonden de heerlijkste gegrilde kippenvleugels dampend voor hen op tafel. Levania had er verschrikkelijk van gesmuld, van de lieve woorden en de nooit geziene aandacht zelfs nog meer dan van de stukjes gevogelte die ze maar zelden te eten kreeg. Ze hadden elkaar een week later andermaal in een dansgelegenheid ontmoet. Christopher bestelde een pilsje voor zichzelf, en hij stond erop dat ze er minstens van proefde. Dat ze geen kind meer was, zei hij, en dat de tijd nu misschien toch was gekomen. Ze had eerst geprotesteerd, maar toen de dienster het glas bier uitschonk dat Christopher voor haar had besteld, voelde ze zich wel verplicht er een slokje van te nemen. En zo slecht smaakte het ook niet. Haar vriendje had zich die avond nog meer dan de vorige uitgeput in loftuitingen, die evengoed haar mooie gelaatstrekken betroffen als haar aantrekkelijk figuur, dat in de jeans die ze van hem had gekregen nog meer dan anders tot zijn recht kwam. Levania zucht, ze klemt haar lippen op elkaar en zegt met een vlakke stem dat het daarna is gebeurd. Ze werpt een haast smekende blik naar de tolk. "Wat wilt u nog meer weten?" Alvast niets wat ze niet wil vertellen. Een loden stilte. Levania zegt dat Christopher haar toen heeft gedwongen, ze wilde zelf geenszins naar het huis van zijn tante, en zeker niet toen ze hoorde dat die voor een paar dagen naar haar familie was vertrokken. Dat ze bang was, doodsbang, zegt Levania. Voor wat er komen zou, en voor tante straks, als ze vast veel te laat naar huis zou gaan. Christopher had al een verhaal voor haar klaar. Ze moest vertellen dat de moeder van haar vriendin was weggeroepen, en dat ze op haar terugkeer hadden moeten wachten. Het praten kost het meisje zichtbaar moeite. Misschien, begin ik, moeten we het hier maar bij laten. Levania glimlacht zwakjes naar me. Ze zegt dat het niet geeft, dat ze de rest nu ook wel kwijt wil. "Het is jouw schuld immers niet." Hoe vaak ze naar het huis van Christopher is geweest, zegt Levania zich niet meer te herinneren. Of beter: dat is wat de tolk besluit, na een behoorlijke discussie tussen haar en het meisje. Achteraf legt ze me uit dat ze ervan overtuigd is dat Levania de waarheid niet heeft gesproken. Eerst vertelde ze dat ze drie keer meeging, later hield ze vol dat ze het huis na die ene, bewuste avond nooit meer heeft betreden. Wat maakt het uit? De tolk bijt op haar lip. "Het verschil tussen één en meer", zegt ze ten slotte, "is dat tussen het slachtoffer en de medeplichtige. Ze wist na die eerste keer toch heus wel wat er zou gebeuren in dat huis?" De ondertoon in de stem van de tolk is enigszins verwijtend. Deftige meisjes laten zich sowieso niet meetronen, als ik dat maar weet. Alleen, hoe zwaar wegen de argumenten van een twaalfjarige in een discussie met een jongeman van negentien? En welke woorden zijn er om te spreken over een onderwerp dat baadt in stilte en schaamte? Seksualiteit is immers het voorrecht der echtelieden. Voor het huwelijk en daarbuiten wordt er officieel niet aan gedaan, behalve door hoeren en hun klanten. Nette jongedames vragen niet om voorbehoedmiddelen in hospitalen en medische centra. Ze weten dat ze niet welkom zijn. Daar niet en evenmin in de apotheken, tenzij ze zich het misprijzen van de hele gemeenschap op de hals willen halen. Zie je, de Tanzaniaanse maatschappij is over alle religieuze dogma's heen conservatief en onverdeeld pro vita. Vertelde de vertegenwoordigster van een ngo die voor de distributie van voorbehoedmiddelen zorgt ons een dag eerder niet dat minstens een derde van de apotheken geen condooms wil verhandelen omdat ze die vies en zondig vinden? Zelfs het feit dat 7 procent van de seksueel actieve bevolking onderhand met hiv besmet is geraakt, kon hen niet op andere gedachten brengen. En vraag het aan de experts die zich buigen over de seksuele voorlichting op de scholen. Ze vertellen je verhalen over een louter biologisch-fysiologische aanpak: zo ziet het mannelijke voortplantingsorgaan eruit, en zo werkt het vrouwelijke. Kinderen groeien in buiken en negen maanden later zien ze het levenslicht. Basta. De leraar oreert, de leerlingen zwijgen. En dat voorlichting doorgaans pas op de middelbare school wordt gegeven, hoor ik nog, als het gros van de Tanzaniaanse meisjes de studies al lang vaarwel heeft gezegd. En thuis dan? Is dit het soort zaken waar moeders met hun dochters over spreken? Ik geloof het niet. Ik had het er nog over met een ferme vrouwelijke ondernemer van eind in de veertig in een dorp in de buurt van de hoofdstad. Ze kwam er rond voor uit dat ze zich vijftien jaar geleden van haar man had laten scheiden. Met een boosaardige zuipschuit als hij viel immers niet te leven. Als de dorpelingen haar meden, dan haalde ze de schouders op. Het was haar leven. Wat de anderen erover dachten, interesseerde haar naar eigen zeggen niet. Mina was een sterke, harde tante, die niet zonder trots vertelde dat ze liever alleen bleef met de kinderen. Ze hoefde geen baas en betweter meer. Een vriendje kon hooguit, maar die mocht maar een paar keer per week op bezoek komen. Toen ik vroeg of ze het met de onderhand in de late tienerjaren belande kroost ooit over seksualiteit en anticonceptie had gehad, lachte Mina enigszins beschroomd. Ze pakte mijn hand en zei dat ik het moest begrijpen. Er zijn van die dingen, zei ze beslist, die in haar cultuur niet kunnen. Wat voor een moeder zou ze in de spiegel van haar kinderen nog zijn als ze hen als seksueel actieve vrouw zou hebben toegesproken? Mina schudt het hoofd. Ze had haar zonen en dochters daarentegen meegetroond naar het ziekenhuis, waar ze een bevriende arts vroeg hen even van 'het nodige' op de hoogte te brengen. Levania had minder geluk. Niemand nam ooit de moeite om haar enige voorlichting te verstrekken. Ze beweert op een bepaald moment in ons gesprek zelfs dat ze niet wist wat haar overkwam toen een kind haar buik deed opbollen, laat staan dat ze er een vermoeden van had hoe het geboren zou moeten worden. Ik weet niet goed wat ik ervan moet denken. De tolk zei achteraf dat ze het maar verzon. "Als je het mij vraagt, is haar onschuld gespeeld", zei ze resoluut. Nette meisjes laten zich immers niet meetronen; dat is ook wat de vriend van Christopher zegt als Levania hem verwijt dat ze door zijn schuld in de penarie zit. Uiteindelijk heeft dit meisje van toen twaalf het aan haar oudere zus verteld, dat van die maandstonden die al een hele poos uitbleven, en van de ochtendmisselijkheid die maar niet overging. Doodsbang had haar zus gekeken, geschokt ook. En uiteindelijk had ze Levania door elkaar geschud en haar op het hart gedrukt dat geen mens erachter mocht komen. Ze zou samen met haar nichtje wel zien wat ze konden doen. Die jonge vrouw wist het evenwel ook niet en besloot Levania's moeder van het slechte nieuws op de hoogte te brengen. Die dag herinnert Levania zich nog heel precies. Ze ziet haar moeder onverwacht op bezoek komen bij tante. Ze weet bovenal hoe de klappen voelden en hoezeer haar woorden haar kwetsten. Dat ze het geld voor een abortus bijeen moesten krijgen, zei de vrouw toen ze haar kalmte had herwonnen. Met Levania's vader had ze de zaak al besproken, maar van een lening voor het bezweren van een dergelijke schande wilde hij niet horen. Abortus. Levania huivert als ze het woord uitspreekt. Ze slaat haar ogen neer en zwijgt. Met God, Allah of de here Jezus van de bevrijdingskerken en sekten die hier de jongste jaren steeds weliger tieren, heeft haar weerzin nochtans geen uitstaans. Het is aan het zusje van een vriendin dat ze moet denken. Aan een blakende gezondheid en een almaar dikker wordende buik eerst, en hoe die vervolgens resulteerde in onbeantwoorde vragen en nog later in een bedrukte familiesfeer, bloeddoorlopen ogen en angstige stilte. Vertel het me maar, had Levania uiteindelijk tegen haar vriendin gezegd, je hoeft je niet te schamen, wat is er met je gebeurd? Er kwamen alleen tranen, meer tranen, haastig weggeveegd, uit een afgewend gezicht. Het nieuwe leven had ongewild het oude veroordeeld, met breinaalden en bloed, in de smerige behandelkamer van een gezette vijftiger enige kilometers hiervandaan. Het is een lot dat menig Tanzaniaans meisje te beurt valt. Van de 21.000 vrouwen die hier jaarlijks in het kraambed sterven, is volgens hulporganisaties minstens 30 procent het slachtoffer van een onveilige abortus. Zestien doden per dag, tweeënvijftig keer zeven dagen per week, jaar in, jaar uit. Tanzania staat met dat cijfer overigens in de trieste top tien van de wereld en boekte in het voorbije decennium geen enkele vooruitgang. Maar minder pro vita zijn ze er in deze subtropische, conservatieve natie niet om geworden. Abortus is in haast alle gevallen verboden, gewone stervelingen mogen de wil van God immers niet dwarsbomen. "Als het aan ons lag", zegt een bekende feministe die doceert aan de universiteit van Dar es Salaam, "dan gingen we de straat op om dat recht af te dwingen. Om levens te redden. Alleen, in deze context kan het gewoon niet. Het zou toch niets opleveren, behalve dan dat alle centra die zogenaamd aan 'postabortusverzorging' doen prompt het bezoek zouden krijgen van ijverige politieteams die hen het werk zouden bemoeilijken. Alleen pragmatisme helpt, geloof me vrij." Pragmatisch handelen: doen en zwijgen. Een vooraanstaand arts die anoniem wil blijven vertelt me tijdens een receptie dat er in Dar es Salaam zo'n twintig klinieken zijn waar meisjes en vrouwen een medisch verantwoorde abortus kunnen ondergaan. In het ziekenhuis waar hij zelf werkt, vinden er zo'n tien tot vijftien per dag plaats. "We hebben de voorbije jaren twee kleine 'grote' successen geboekt: vooreerst zijn de medische toestellen waarmee de curettage wordt uitgevoerd na een abortus nu vrij beschikbaar. En sinds oktober is ook het middel dat die afdrijving op gang brengt officieel geregistreerd. Het betreft een medicijn dat in eerste instantie is bedoeld om een bloeding te voorkomen net na de bevalling, die in dit land in één geval op de twee zonder medische bijstand plaatsvindt. Maar als het tijdens een zwangerschap wordt ingenomen, dan wordt de vrucht afgedreven. We willen nu vooral zoveel mogelijk kwakzalvers bereiken, en hun diets maken dat het ook met veel minder risico kan. Maar hoe lanceer je een sensibiliseringscampagne onder illegaal opererende semidokters die dagelijks met het leven van meisjes en vrouwen goochelen en wie het eigenlijk bovenal om de poen te doen is? Ik weet het niet meteen." Abortus kan niet, de morning-afterpil is niet beschikbaar. En wat te denken van het feit dat een man die seks heeft met een meisje van minder dan achttien, ongeacht haar eventuele instemming, zich volgens het Tanzaniaanse strafrecht schuldig maakt aan verkrachting, een vergrijp waarop niet minder dan dertig jaar cel staat? De rechtenstudente die voor me tolkt, vindt het een goede zaak. "Dan denken mannen wel twee keer na voor ze domme dingen doen", zegt ze beslist. Dat klopt in theorie misschien, maar voor Levania pakte het alvast anders uit. "Ik heb het een hele tijd erg moeilijk gehad met mijn vader", zegt ze. "Meteen nadat hij het slechte nieuws had gehoord, liet hij me naar huis komen, om me te vertellen dat ik zijn dochter niet meer was. En hij zei dat hij nog een verrassing had, ik zou nog wel zien." Levania zucht andermaal. Haar vader heeft eerst een paar glazen bananenbier gedronken, zo hoorde ze achteraf, alvorens hij naar het huis van Christophers tante ging. De jongen was vertrokken, zijn vriend had hem over Levania's probleem verteld, het leek veiliger om een tijdje naar Zanzibar te gaan. Christophers tante, zo zeiden de buren, had grote moeite om de woedende vader in te tomen. Dat de jongen zou boeten, zwoer hij, voor het leven dat hij had verwoest. Hij vroeg of de tante de wet kende, en wist hoeveel jaren haar neef daarvoor achter de tralies zou slijten. Eindeloos veel jaren, ja, maar altijd nog te weinig. Het is uiteindelijk wel goed gekomen, vervolgt Levania, haar vader heeft haar net voor de geboorte van haar zoontje vergeven. Het was de suikertante die daarvoor zorgde. Eerst ging ze met haar moeder praten. Ze zei dat ze haar kind moest begrijpen, ze was pas twaalf. 'Een kind krijgt een kind, als dat maar goed afloopt. Ze moet het in jouw huis baren, ik ben er te oud voor. Als het mis loopt, sterft ze geheid.' Levania beviel in het ouderlijke huis. Van Christopher hoorde ze nog nauwelijks iets. Zijn tante zegt dat het een nette kerel is, die een baantje vond op Zanzibar en haar regelmatig geld stuurt. Aan al wie het horen wil, vertelt ze dat Levania altijd al een losbandig meisje is geweest en dat een geschikte jongen als haar neef zich nooit met haar zou inlaten. Dat weet ze wel zeker. Toen haar zoontje Godfrey anderhalf was, schreef Levania zich in bij de ngo Umati om de lagere school via een speciaal programma voor tienermoeders af te maken. Ze haalde haar diploma, maar voortstuderen is er niet meer bij. Levania had dokter willen worden, maar dat was in een ander leven. "Ik haat mannen", zegt ze nog voor we afscheid van elkaar nemen. "Ik wil nooit trouwen." De tolk kijkt haar vreemd aan, maar haar verbazing wordt nog groter als ze Levania luttele minuten later in een ander kantoor van de organisatie een kind van een paar maanden oud ziet oppakken. "Jouw baby?" "Ja, ja, maar nu moet ik gaan."
Het is een bitter lot, dat van Levania, een werkloze, onopgeleide, alleenstaande kindmoeder van twee. Hoewel, als ik de volgende dag de tranen van Habiba (17) zie, weet ik het zo goed niet meer. In het Arabisch heet dit moslimmeisje lieveling, maar in het Swahili klonk haar naam nog voor haar buik drie jaar geleden echt ging zwellen wel even anders. Habiba was Kijusi geworden, de 'lieveling' reïncarneerde tot de 'geschondene', nog wel door het verraad van haar beste vriendin. Ze zegt dat ze het had kunnen weten. In het hele jaar dat ze twee keer per maand met haar vriendje naar een motel ging om er de liefde te bedrijven, sprak ze met geen mens over die escapades. "Ik schaamde me erover, en toch zei ik nooit nee. En ik kan je niet eens vertellen dat Alim me beloofde dat we zouden trouwen, we hebben het er niet eens over gehad. Ik veronderstelde dat het ooit wel zou gebeuren, maar probeerde me er vooral geen vragen bij te stellen. Dat hij van me hield, daar was ik zeker van, anders zou hij me toch niet elke keer 1.000 of 2.000 shilling (iets meer dan 1 euro) toestoppen?" Habiba had gevraagd of ze condooms konden gebruiken, maar daar wilde Alim niet van horen. Hij zei dat ze je ziek maken en hing een verhaal op over grote rode pukkels. Of ze hem geloofde? Ze schudt het hoofd. "Maar ik kon er weinig tegen inbrengen. Over dergelijke dingen had ik nog nooit met iemand gesproken. Mijn moeder had me op de dag dat ik voor het eerst mijn maandstonden had alleen gezegd dat ik moest uitkijken met jongens. Je werd zwanger voor je het wist." En zo ging het ook. Habiba durfde het aanvankelijk aan niemand te vertellen. Ze wachtte drie maanden voor ze haar beste vriendin in vertrouwen nam. "Het is de laatste keer dat ik met haar heb gesproken." Habiba bijt op haar onderlip en wringt zenuwachtig met haar handen. "Ik verwachtte begrip, troost, geruststellende woorden. Maar Maryam keek me alleen maar geschokt en boos aan. 'Hoe kon je?', zei ze, en ze verdween meteen. Ik ben haar achterna gegaan, smekend dat ze het geheim zou houden. Ik wilde immers een abortus, dit hoefde niemand te weten." Maar zo zag Maryam het niet. En Alim al evenmin. Zondig noemde hij haar plan om het kind te laten weghalen, alleen slechte mensen zijn tot zoiets in staat. Had hij dan een ander voorstel? Overwoog de jongeman van negentien die haast een jaar lang twee middagen per maand met de lieveling in bed doorbracht haar hand te vragen? Habiba schudt het hoofd. Dat ze wel zouden zien, zei hij, en dat het allemaal wel in orde zou komen. Alleen, toen haar vader uiteindelijk van de zwangerschap hoorde, bedreigde hij Alims familie. En zo verdween een jongen die beloofde dat hij altijd voor Habiba zou zorgen met de noorderzon. Hij was niet de enige. Maryam stelde de hele klas van Habiba's toestand op de hoogte. De lieveling werd de geschondene. Kijusi noemden ze haar voortaan op school en geen enkel kind wilde nog naast haar zitten. Ze jouwden haar uit, maakten haar spullen zoek en meden haar daar en overal als de pest. "Ik wilde niet meer naar school. Nog voor de brief van de directeur kwam met de melding dat de overheidscirculaire stipuleert dat zwangere meisjes de school moeten verlaten, wilde ik er al niet meer heen. Ik kon het gescheld niet meer verdragen en bleef thuis." Het is daarna niet meer goed gekomen. Habiba's vertrouwen in haar vriendin en in de mensheid was geschonden, en moeder werd ze evenmin. De tranen druppen op haar citroengele rok, ze schudt het hoofd en vertelt dat het tien maanden duurde voor de baby kwam. "Ik weet het aan mijn problemen. De baby komt niet, zei ik tegen mezelf, omdat jij er niet klaar voor bent. Op een avond zijn mijn moeder en ik naar het ziekenhuis gegaan. Die nacht werden de weeën opgewekt, het kind was al enige tijd dood, zeiden ze." "Eigenlijk", zegt Habiba met een van verdriet gesmoorde stem, "denk ik dat het Gods wil was. Tenminste, ik heb geleerd het zo te zien, al heeft dat me maanden gekost. Weet je, in het eerste halfjaar na de bevalling ben ik de deur niet uit geweest, ik kon alleen maar huilen. Mijn moeder en mijn zusje hebben me er weer bovenop geholpen. Met hun geduld en veel, veel troostende woorden. Ze zeiden dat ik later vast nog wel een kind zou kunnen krijgen, dat er fundamenteel niets mis met me is. Maar dat God geeft en neemt. En zo is het ook, geloof ik."
De fysieke afstand tussen Marokko en Europa is in vogelvlucht nauwelijks meer dan tweeduizend kilometer. De mentale afstand lijkt schier onoverbrugbaar. Voor homos toch: in Brussel of Parijs kunnen ze officieel met hun liefste samenwonen, in Casablanca zijn ze veroordeeld tot een geheim leven. Hun liefde zit geprangd tussen hchouma (schande) en haram (zonde), om van de potentiële strafrechtelijke vervolging in Marokko nog maar te zwijgen. Er wordt met de islam geschermd, met schijnbaar onwrikbare tradities en de noodzaak om zich op zijn minst formeel te conformeren aan de groep. Catherine Vuylsteke ging verschillende keren naar Marokko, trok door Europa en tekende er verhalen op van gespleten Arabische homolevens. Verhalen over nog nauwelijks vol te houden leugens, vol wanhoop en cynisme. Vuylsteke schetst een onthullend portret van een ondergrondse wereld die zich uitstrekt van Marokko tot Brussel en Parijs.
Reacties op Onder Mannen: Petra de Koning in NRC-handelsblad over 'Onder Mannen':(4 juli 2008): 'Het knappe van Vuylsteke is dat het door de spanningsboog in haar verhalen niet uitmaakt of ze over groot of klein leed gaan je wilt steeds weten hoe het afloopt'.
Catherine Vuylsteke (1964) studeerde in Shanghai en werkt sinds 1989 als buitenlandredactrice bij de krant De Morgen in Brussel. Ze won in 1997 de Citibank Prize for Economic Journalism en debuteerde in 2007 met het bejubelde 'Volksrepubliek van Verlangen', waarin een beeld wordt geschetst van de hedendaagse Chinese maatschappij.
Onder Mannen van Catherine Vuylsteke
Uitgegeven bij Meulenhoff/Manteau, maart 2008, paper back 250 pag.
ISBN: 978 90 8542 136 8